Depuis quelques temps, histoire de me "requinquer" un peu, je me suis éloignée de mon blog, de mon parti, et des remous politiques... Non sans garder un oeil sur l'actualité politique du pays bien
sûr, mais en m'y détachant, pour ne pas boullir, me révolter, m'insurger...
Voilà une rentrée intéressante.
Le pouvoir d'achat des français, et je sais de quoi je parle, est au plus bas. La rentrée est difficile : fournitures scolaires, vêtements, impôts, et pour certains les vacances qu'on a pu prendre
et voilà une bourse dans le rouge. Oh, à forçe, quand on manque de moyens, on a l'habitude. Grosses courses en début de mois, avec le nécessaire : 6 packs de laits UHT, 3 boites de lessives, 5
paquets de céréales pour les enfants, 4 kg de sucre en poudre et en morçeaux, la cagette de 15 kg de porc en promo que l'on congèle pour le mois : l'indispensable en grosses quantités, mais les
produits des étagères du bas, comme d'habitude. Et puis on prend l'habitude de dire non aux enfants. Et puis on a l'habitude d'accepter les fringues des enfants des copines. Et puis on a l'habitude
d'être dans le rouge...
C'est bien de nous habituer : on arrête de penser que c'est dégueulasse, que ce n'est pas un état de fait normal, que nous vivons dans un pays riche...
On nous habitue aussi aux réformes "coups-de-poings" les unes après les autres. Vite. C'est le mot d'ordre. Intelligent : pas eu le temps de s'insurger contre la première que les médias parlent
déjà de la seconde et ainsi de suite... Trop vite pour nous. Trop vite pour laisser la place à la parole, aux débats, aux révoltes... Bien joué.
On nous habitue à voir la "première dame" faire la promo de son nouvel album chez Drucker... Non, elle ne touchera pas l'argent de son disque, ce ne serait pas correct ! Rires... Mais pourquoi ?
Elle travaille, comme tout le monde. Et si elle travaille plus, elle gagnera plus ! Normal... Comme son mari.
On nous aime, on nous aide, on nous sauve : ce gouvernement est la réincarnation de l'Abbé Pierre, c'est sûr. Quelle abnégation, quel courage, quel désintéressement engagé ! Je suis touchée, émue,
je me laisse faire. Les hommes politique savent ce qu'ils font. S'ils disent qu'il faut faire comme ça, c'est sûrement vrai ! Bien sûr, on se révolte un peu, on râle, mais après tout : on
n'aimerait pas être à leur place !
C'est bien compliqué tout ça : l'engagement...
Alors on ne s'engage pas. Et puis si l'on s'engage, c'est du bout des doigts, mollement. Gentiment.
Pour pouvoir dire au dîner que nous, au moins, on fait quelque chose ! Rires...
Comme je suis cynique. Cynique ? Non, réaliste. Et enragée, comme d'habitude.
Je rêve d'un matin de prise de conscience. Je rêve d'un matin aussi peu rose que d'habitude mais qui serait un matin de trop : un matin qui réveille les consciences endormies...